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  • 2.6.1-COMPRENDRE LA CHAÎNE HVI ET COMMENT S’EN SERVIR SUR LE

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  • Comprendre la chaîne HVI et comment s’en servir sur le

    Chapitre 2 - Ajout de valeur au coton -Harmonisation des essais mécaniques rapides de la qualité...  

     
     

    La chaîne HVI a vu le jour grâce à l’informatisation de la maîtrise et de la fourniture des mesures par instruments. Avant d’être informatisés, il était pour ainsi dire impossible d’effectuer des mesures sur de gros volumes. L’utilisation de la robotique a accéléré la livraison, la préparation et la manutention des échantillons et permis de réduire le nombre d’erreurs.

    La question centrale qui se pose ici est la suivante : comment la technologie HVI peut-elle être utilisée sur une grande région géographique comme base pour l’achat et la vente du coton? La réponse (en résumé) est que pour cela un système adéquat de contrôle des procédés et de la qualité doit être instauré. Ce système ne se limite pas aux machines HVI et aux protocoles connexes. Il doit remonter en amont jusqu’à la production et l’égrenage, en passant par le classement, et descendre en aval jusqu’au marché de la fibre de coton (voir figure 2.29). Le système conçu pour des régions ou des pays différents doit donc tenir compte des réalités des secteurs de la production et de la commercialisation. Dans certains cas il sera possible de procéder à quelques ajustements pour faire une place au système de contrôle des procédés et de la qualité, mais la décision sera prise au cas par cas.


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    Les principales composantes de ce système de contrôle des procédés et de la qualité comprennent

     

    • Des HVI bien conçus et bien construits
    • Un échantillonnage représentatif
    • Un conditionnement en laboratoire
    • Un conditionnement des échantillons
    • Un étalonnage
    • Des essais de contrôle
    • Cotons de référence
    • Le transport
    • La certification et la communication

     
    Le seul système de classement HVI à grande échelle actuellement opérationnel se trouve aux États-Unis, et son étude permet de mieux comprendre les éléments susmentionnés. Il convient d’insister encore sur le fait que les différentes approches utilisées dans le monde peuvent, et doivent, être adaptées pour tenir compte des limitations et différences structurelles. Néanmoins si les approches peuvent varier, les composantes susmentionnées sont incontournables.

    Certes, les chaînes HVI bien conçues et bien construites sont la pierre angulaire de tout système fiable. La technologie HVI est bien connue, mais la qualité des matériaux et composants, de même que les tolérances d’usinage et de construction, sont extrêmement importantes. Il est essentiel de minimiser les erreurs machine pour pouvoir gérer les autres erreurs contenues dans les données recueillies.

    Les procédures d’échantillonnage revêtent la plus haute importance, et ce pour au moins deux raisons : les variations dans les échantillons sont la principale cause d’erreur dans les données HVI; par ailleurs, l’échantillon doit être représentatif du reste du coton dont il provient. Les procédures à suivre dans ce domaine sont très différentes selon qu’il s’agit de grandes exploitations mécanisées ou de petits producteurs. L’essentiel est que l’échantillon soit «représentatif», faute de quoi les données HVI seront inutiles.

    Les procédures de conditionnement en laboratoire et des échantillons méritent que l’on s’y attarde, et ce pour deux raisons. Tout d’abord, ces procédures sont nécessaires pour garantir l’exactitude ou la précision des essais HVI. Ensuite, la tendance à travers le monde est au non-respect de cette exigence. Il semblerait que ce phénomène soit dû à une impossibilité d’engager les dépenses nécessaires et à un manque de compréhension de l’importance des résultats des essais pour le conditionnement. Les conditions ambiantes dans les différents laboratoires doivent absolument être stables pour obtenir une concordance des mesures produites par ces laboratoires.

    Étant donné qu’il est possible d’équilibrer la teneur en eau du coton quelles que soient les conditions ambiantes, cet équilibre doit être établi avant que les fibres soient soumises à essais. Aux États-Unis, on considère que les échantillons conditionnés présentent une teneur en eau allant de 6,75% à 8,25% (sur la base du poids sec). Les échantillons envoyés vers les chaînes HVI pour être testés sont systématiquement contrôlés pour s’assurer que leur teneur en eau se situe bien dans cette fourchette.

    Les délais nécessaires pour parvenir à cet équilibre varient, entre autres, selon la teneur en eau des fibres devant être conditionnées et l’exposition de chaque fibre aux conditions ambiantes. D’aucuns ont essayé de parvenir à cet équilibre en utilisant des climatiseurs incorporés à la chaîne HVI, mais sans succès. Il a été démontré que faire passer de force de l’air ambiant provenant d’une pièce climatisée à travers les échantillons de fibres de coton déjà, pour ainsi dire, équilibrées, peut fournir des échantillons correctement conditionnés en à peine 10 minutes. Cependant, si les échantillons son simplement exposés à l’air ambiant dans une pièce climatisée, jusqu’à 48 heures peuvent être nécessaires pour obtenir un conditionnement adéquat. Indépendamment de la technologie et des procédures utilisées, l’important est d’obtenir une teneur en eau équilibrée pour que les mesures soient cohérentes dans l’espace et dans le temps.

    Les procédures d’étalonnage et de tests de contrôle exigent des installations de contrôle de la qualité centralisées pouvant fournir des conseils sur les procédures d’étalonnage à d’autres installations de classement de coton dans le pays. Aux États-Unis, 1% des échantillons de coton soumis à essais dans les centres HVI satellites de l’USDA sont choisis chaque jour de manière aléatoire et expédiés par avion la nuit à Memphis pour y être soumis à essais sur les machines de contrôle de la qualité HVI. Les essais de contrôle quotidiens se sont révélés nécessaires pour définir les problèmes d’étalonnage et les corriger avant qu’ils n’échappent à tout contrôle. Il est important que les procédures d’étalonnage soient satisfaisantes et cohérentes d’un centre HVI satellite à l’autre, et que les machines de ces centres soient fréquemment vérifiées, en tant que de besoin, pour garantir un contrôle qualité adéquat.

    Les cotons de référence sont absolument essentiels pour garantir l’efficacité des procédures d’étalonnage. Ils devraient émaner d’une autorité désignée. Qui plus est, une seule autorité devrait assumer cette fonction à l’échelle internationale; dans le cas contraire, la coopération et la collaboration entres les différents systèmes HVI à travers le monde s’en trouveraient grandement entravée. Aux États-Unis et dans la plupart des centres d’essais HVI dans le monde, les cotons de référence sont fournis par le centre USDA/AMS de Memphis, Tennessee.

    Les variations entre les échantillons de cotons de référence ne doivent pratiquement pas varier; en d’autres termes, le problème fondamental et bien réel des importantes variations naturelles des échantillons de coton doit être systématiquement atténué en mélangeant les fibres avec soin. Plus les fibres sont homogènes, moins le mélange des fibres sera laborieux à organiser. L’important est d’obtenir un coton de référence d’une homogénéité exceptionnelle.

    Les procédures de transport doivent être fiables et suffisamment rapides pour que les échantillons de fibres égrenées puissent être envoyés des usines d’égrenage ou d’un autre point de départ aux centres de classement, et des centres de classement au centre d’étalonnage/d’essai de contrôle. Aux États-Unis, où les producteurs restent propriétaires du coton après l’égrenage, les échantillons sont collectés dans les usines d’égrenage. Les échantillons de coton sont emballés et étiquetés à mesure que les balles de coton sortent de la presse à balles à l’usine d’égrenage. Les sociétés de transport sous contrat avec AMS suivent systématiquement les itinéraires préétablis jusqu’aux usines d’égrenage et livrent les échantillons prélevés aux centres de traitement.

    Pour les producteurs d’échantillons, le transport est un facteur déterminant quant au choix de l’emplacement des centres de classement à travers les États-Unis. Le choix de l’emplacement doit tenir compte des quantités produites et des distances à parcourir dans les régions de production productrices du pays.

    Comme indiqué précédemment, les échantillons prélevés de manière aléatoire sont expédiés par avion vers le centre d’essais de contrôle centralisés. Le temps étant compté pour préserver la qualité du produit, le transport par voie aérienne est une dépense nécessaire.

    S’agissant des déplacements entre les usines d’égrenage et les centres de classement, il est essentiel que l’enregistrement-témoin de la balle représenté par les échantillons doit être précis et livré à temps pour ne pas entraver la commercialisation du coton. S’agissant des déplacements vers un centre d’étalonnage/d’essais de contrôle, il est essentiel que les échantillons soient livrés et soumis à essai rapidement afin de préserver l’intégrité du contrôle qualité.

    Les procédures de certification et de communication sont indispensables à une vérification acceptable, la protection de l’identité et l’efficacité des transactions sur le marché. Les technologies informatiques et des télécommunications ont révolutionné ces composantes du système aux États-Unis. Dans les installations de classement, un code à barres est apposé sur chaque échantillon, scanné et entré dans la base de données; les données rassemblées au sujet de l’échantillon sont automatiquement conservées dans des fichiers automatiques, sans saisie manuelle (sauf pour les données relatives à la détermination de la charge et à l’identification des corps étrangers par les classeurs qui sont saisies une fois manuellement). Le résultat de l’opération est une exécution rapide, peu d’erreurs, et une excellente protection de l’identité qui n’étaient qu’un rêve il y a encore 10 ans. Le système est extrêmement fiable, et pourtant il ne laisse pas de trace documentaire; en règle générale, ce n’est que lorsque le propriétaire du coton imprime le document sur son imprimante qu’il existe une copie papier de ces informations. Tous ces progrès ont supprimé des coûts substantiels du système de commercialisation.

    Bien entendu, la tenue des registres et la communication des données peuvent être organisés de nombreuses manières. L’essentiel est que la certification de l’identité des balles et des données qui les accompagnent sur les propriétés des fibres soit fiable et communiquée dans les temps.