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  • 4.5.2-CONTRATS À TERME ET OPTIONS

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    Chapitre 4 - Négoce du coton -La place de marché du coton, anciennement NYBOT et.   

     
     

    La forme et la fonction des contrats à terme (descendants des contrats à terme ferme) sont restées pour ainsi dire inchangées depuis la création des premières bourses à terme. Les contrats à terme ferme sont des transactions sur le marché au comptant qui fixent les conditions du transfert de propriété du coton physique à une date de livraison donnée. Les modalités du contrat sont uniques, elles ne concernent que les parties au contrat. C’est l’accélération du transfert des informations qui a permis l’apparition des contrats à terme ferme. Le contrat à terme diffère du contrat à terme ferme en ce sens qu’il est normalisé et que, s’il implique une livraison, sa raison principale raison d’être n’est pas de faciliter la livraison physique.

    Un contrat à terme est un accord normalisé sur l’achat ou la vente d’une quantité donnée d’une marchandise à un prix déterminé au préalable, dont la liquidation interviendra à une date ultérieure. Le seul élément négociable du contrat est le prix. Le négoce de contrats à terme sur coton implique donc la fixation du prix du coton. Contrairement aux contrats à terme ferme, les contrats à terme sur coton débouchent rarement sur une livraison; la différence entre le prix convenu et le prix au comptant à l’expiration du contrat est généralement couverte par une transaction au comptant.

    Une option sur un contrat à terme confère le droit, mais pas l’obligation, d’acheter (option d’achat) ou de vendre (option de vente) un contrat à terme sur la marchandise à un prix déterminé au préalable (“prix d’exercice”). Pour ce contrat, l’acheteur ou le vendeur de l’option doit verser une “prime” à la conclusion du contrat. Dans la pratique, un contrat d’option constitue en quelque sorte une assurance prix.

    Bien que les institutions et les règles et règlements qui sous-tendent les contrats aient considérablement évolué avec le temps, les concepts sur lesquels reposent les contrats à terme et sur option et les objectifs visés sont restés pour ainsi dire inchangés. Les marchés à terme ont été créés pour satisfaire aux besoins du marché au comptant et s’efforcent donc de refléter les conditions du marché au comptant. La capacité de la bourse d’adapter les contrats et les procédures de négoce aux pratiques et conditions changeantes de la filière explique sa pérennité et sa capacité à servir le secteur concerné.

    Négoce des contrats sur coton ICE n°2 à terme et des contrats d’option

    En dépit de tous les changements survenus sur le marché au comptant, le marché à terme du coton d’aujourd’hui continue de remplir les mêmes fonctions de fixation des prix : recherche de prix, transfert de risque et diffusion du prix. Le prix du coton à l’échelle mondiale est fixé par rapport au contrat à terme sur coton n°2 négocié à New York (avec une prime ou une décote). Les caractéristiques uniques du coton en tant que plante se reflètent dans les normes de classement du contrat à terme sur coton. En 1887, la NYCE a lancé un système de certificats. En vertu de ce système, un certificat établissant les grades de coton est établi, passant de main en main tel un certificat d’actions.

    Il est devenu la norme pour l’enregistrement et la garantie de la qualité de chaque balle de coton, une mesure nécessaire pour garantir la validité du contrat à terme comme référence pour l’établissement du prix. L’USDA est la source d’évaluation du grade pour la certification du coton aux États-Unis. Le certificat fait office de “devise” qui facilite le négoce des contrats à terme sur coton.

    Le contrat à terme n°2 sur coton porte sur 50 000 livres (environ 100 balles) de standards minimums de grade de base et de longueur de fibre – SLM (strict low middling) d’une longueur de fibre de 1-2/32". Les contrats sont côtés pour mars, mai, juillet, octobre et décembre plus un ou plusieurs des 23 mois suivants. Aucune origine n’est précisée. Les points de livraison énumérés sont : Galveston, Texas; Houston, Texas; Nouvelle-Orléans, Louisiane; Memphis, Tennessee; et Greenville/Spartanburg, Caroline du Sud.

    Le prix est coté en cents et centièmes de cent la livre. Des limites de prix quotidiennes sont appliquées de 3 cents en dessus ou en dessous du prix de liquidation de la veille. Cependant, si un mois d’échéance est liquidé à $E.-U. 1,10 la livre ou plus, tous les mois d’échéance seront négociés avec des limites de prix de 4 cents. Si aucun mois n’est liquidé au-dessus de $E.-U. 1,10 la livre, les limites de prix sont maintenues (ou ramenées) à 3 cents la livre. Pour le mois de livraison (au plus proche de l’expiration du contrat) il n’y a plus de limite à partir du premier jour de notification.

    Les heures de cotation à la criée sont 10 h 30 à 14 h 15 heure de la côte Est. Les heures de cotation électronique sont 1 h 30 à 15 h 15.

    Les principaux facteurs de classement du coton sont la couleur, la longueur, le micronaire et la résistance. Le micronaire évalue la finesse de la fibre en mesurant sa perméabilité à l’air. La résistance est calculée en grammes par tex (g/tex). S’agissant de la couleur, le contrat permet uniquement la livraison de grades de coton “good middling à low middling” blanc et de grades allant de “good middling à middling” légèrement teinté. La longueur de fibre de base est 1-2/32" avec un minimum de 1-1/32" moyennant escompte et un maximum de 1-3/32" moyennant surprix. Au-delà, même plus longue, la fibre ne bénéficie pas d’un surprix plus élevé.

    Les standards et pratiques de l’industrie ont périodiquement conduit à des changements dans les caractéristiques du coton. Le grade minimum de coton livrable en exécution d’un contrat a été relevé, passant de good ordinary à low middling en 1920. Un contrat permettant la livraison du sud a été introduit en 1929. En 1939, la base du contrat sur coton est passée de 7/8" à 15/16" pour passer ensuite à 1" en 1953. Le contrat n°2 sur coton avec une base de 1-1/16" a été introduit en 1967. En 1974, le grade de base a été modifié, passant de middling 1-1/16" à strict low middling 1-1/16".

    Ces dernières années, les caractéristiques du contrat ont été modifiées par la bourse pour refléter les pratiques du secteur. Commençant avec le contrat n°2 sur coton de mai 2003:

    • Les exigences de résistance minimale ont été revues à la hausse, passant à 25 g/tex (contre un minimum de 22 précédemment);
    • Le contrat autorise des différentiels de prix si l’USDA commence à coter des différentiels pour du coton affichant un micronaire de 4,8 ou 4,9 (à l’heure actuelle, des valeurs micronaire de 3,5–4,9 sont autorisées sans surprix ou décotes);
    • Une nouvelle décote pour “âge du coton” a été lancée, qui s’applique au coton livré à partir du 1er janvier de la deuxième année civile suivant l’année de culture du coton.

    La stabilité et la continuité du rôle joué par le marché à terme reposent sur la normalisation des contrats pour refléter les conditions et pratiques du marché au comptant.

    L’ICE suit en continu les performances de ses marchés et l’évolution des conditions sur le marché au comptant. Le contrat a été, et continuera d’être, adapté si les conditions du marché au comptant, les caractéristiques de la culture et les pratiques du secteur l’exigent. Le comité de la bourse chargé des contrats sur coton veille à l’intégrité du contrat. Il évalue aussi les propositions de nouveaux contrats en vue de leur éventuelle introduction sur le marché.

    L’évolution du système de certificats pour le coton montre de quelle manière la bourse peut modifier ses procédures et ses pratiques tout en préservant ses fonctions de base. Aujourd’hui, les certificats remplissent leur fonction initiale, mais l’apparition du système de récépissés d’entreposage électroniques a permis l’automatisation du transfert de propriété d’une balle de coton (on est passé d’un échange manuel de documents contraignant à un transfert et un enregistrement de la transaction entièrement électroniques). Avec la poursuite de la mondialisation, la capacité de transférer la propriété instantanément par voie électronique est à placer au même niveau que l’apparition du bateau à vapeur et du câble transatlantique comme facteur de changement dans la circulation des informations essentielles sur le marché.

    Le principal instrument de couverture du prix d’achat ou de vente du coton est le contrat n°2 sur coton. La couverture est possible car le marché à terme et le marché au comptant sont étroitement liés et évolue généralement en tandem dans le temps. Pour le coton, la base revêt une importance particulière du fait des nombreuses variables liées à l’établissement du prix qui ont une incidence sur le marché mondial. Pour réussir sa couverture, l’utilisateur de coton de l’industrie (comme pour d’autres marchandises) doit calculer et étudier la base historique du négoce du produit sur le marché au comptant local. Ce risque de base ne peut être transféré au marché à terme.

    Depuis l’abolition de l’étalon or en 1973, tous les contrats à terme sur coton, à l’exception de ceux de l’Inde, sont commercialisés en dollars des États-Unis. La couverture ou la spéculation dans toute autre devise implique, par conséquent, des taux de change imprévisibles et ajoute un élément d’incertitude quant au prix. Le risque de change doit alors être pris en considération dans le calcul du risque de base. La comparaison de l’évolution de l’US Dollar Index® (les contrats à terme et d’options USDX® sont négociés sur les marchés financiers ICE) et du contrat n°2 à terme rapproché montre comment la progression et le recul du dollar américain affecte le prix du coton. Lorsque le dollar est en perte de vitesse, bien souvent le prix du coton monte.

    Pour le coton américain, à une connaissance de la base doit venir s’ajouter une compréhension de l’organisation variable des programmes de soutien du gouvernement. L’étude de l’évolution dans le temps des contrats à terme sur coton à New York révèle l’incidence des programmes du gouvernement sur les prix. Entre 1950 et le début des années 70, la NYCE affichait un volume de transactions remarquablement bas. Ce phénomène était la conséquence directe de la politique de maintien de stocks de coton importants du Gouvernement américain : la Commodity Credit Corporation (CCC) achetait et vendait l’essentiel du coton américain et les négociants n’avaient donc plus besoin d’opérations de couverture. À titre d’exemple, en 1966 la CCC représentait 73% des reports de coton. L’intervention du gouvernement sur le marché du coton était telle qu’elle a failli entraîner la disparition de la bourse. En 1966, la NYCE ne négociait que 730 contrats – soit une moyenne de 3 contrats par jour.

    La loi de 2002 sur la sécurité agricole et l’investissement rural (Farm Security and Rural Investment Act) et ses modifications ultérieures ont créé pour les opérateurs en couverture sur coton de nouveaux défis et possibilités. Aujourd’hui, les opérateurs en couverture sur coton s’en remettent dans une grande mesure aux options sur le contrat n°2 à terme pour réduire les risques et tirer parti de l’évolution favorable des prix. L’augmentation du volume d’options sur coton ces dernières années a montré leur importance croissante pour les gestionnaires des risques.

    Des options ordinaires sont disponibles sur les contrats n°2 à terme sur coton pour mars, mai, juillet, octobre et décembre. Les 10 mois de livraison les plus rapprochés sont inscrits à la Bourse. Par exemple, en août 2006, des options sur les contrats octobre 2006, décembre 2006, mars 2007, mai 2007, juillet 2007, octobre 2007, décembre 2007, mars 2008, mai 2008 et juillet 2008 étaient disponibles.

    L’opérateur en couverture efficace peut panacher les contrats à terme, les options sur contrats à terme et les contrats à terme ferme. Les marchés à terme et d’options sur coton offrent différentes possibilités et stratégies de couverture et d’investissement. Pour que la stratégie de couverture soit couronnée de succès, le gestionnaire des risques doit concevoir un plan de commercialisation qui contienne un historique fiable de tous les coûts des intrants, de la tolérance du risque, du flux net de trésorerie, des facteurs saisonniers, des objectifs de prix/de bénéfice et de la base. Une fois la position de couverture en place, elle doit être contrôlée et adaptée lorsque le marché l’exige.