• back
  • 4.8.2-COUVERTURE À L’AIDE DE CONTRATS À TERME

  • header fr 
  • Couverture à l’aide de contrats à terme

    Chapitre 4 - Négoce du coton -Systèmes de couverture et de marché  

     
     

    Le coton se négocie tant à prix fixe qu’à prix ferme qu’à prix non fixé (prix ouvert). Le prix ferme est fixé à la conclusion du contrat. Les contrats à prix ouvert sont des transactions dans lesquelles toutes les caractéristiques du contrat sont déterminées à l’avance à l’exception du prix. Si l’on prend l’exemple d’une usine textile qui s’approvisionne auprès d’un négociant, l’acheteur de l’usine peut fixer le prix dans les délais déterminés par le négociant.

    Si un négociant vend du coton à prix ferme à une usine textile, il achète immédiatement sur le marché à terme des contrats pour la même quantité de coton. Il conserve ces contrats à terme jusqu’à ce que le coton soit disponible au comptant, et liquide alors les contrats à terme. Si un négociant vend du coton à une usine textile à prix ouvert, il n’achète pas de contrats à terme tant que l’usine n’a pas fixé le prix. Il se rend ensuite sur le marché à terme et y achète des contrats à terme pour la même quantité de coton.

    De la même manière, l’achat de coton par un négociant auprès d’un cotonculteur peut se faire à prix ferme ou à prix ouvert. Si l’achat se fait à prix ouvert, le cotonculteur a le privilège de fixer le prix dans les délais établis par le négociant. Lorsque le prix est fixé, le négociant vend la même quantité de coton sur le marché à terme. Le négociant conserve les contrats en couverture jusqu’à ce que le coton soit vendu à prix ferme, et c’est à ce moment là que les contrats à terme sont liquidés.

    Si l’opérateur en couverture couvre intégralement sa position, on dit que la position est équilibrée, en d’autres termes ni longue ni courte. Toutes les positions ouvertes à terme doivent être évaluées à prix de marché et garantis sur une base journalière. C’est pour cette raison que l’opérateur en couverture doit être suffisamment financé : certaines transactions peuvent exiger l’ouverture de positions à terme sur de nombreux mois ou semaines.

    Avant l’achat du coton auprès du cotonculteur ou de l’égreneur, et avant la vente à l’usine textile ou à un autre négociant, le négociant doit avoir une idée de la base d’achat et de vente, en d’autres termes, de la différence entre le prix au comptant et le prix à terme.

    Le négociant doit calculer la base d’achat sur laquelle il va payer le cotonculteur ou l’égreneur. Pour ce faire, il doit calculer le coût du transport du coton, du stockage, du chargement, les commissions, etc. Il convient généralement d’ajouter à ces coûts la marge du négociant pour obtenir la base de vente. Une grande partie du coton commercialisé sur le marché mondial est acheté pour livraison différée. Un négociant ne peut acheter le coton lorsque le contrat est à livraison différée car le coût du transport, du stockage, des intérêts, de l’assurance, réduiraient sa marge à néant. Au lieu d’acheter du coton physique, le négociant achète des contrats à terme et les conserve jusqu’à ce qu’il puisse acheter le coton physique; à ce moment là, il doit vendre les contrats à terme.

    Si la base d’achat ne change pas, le négociant réalise l’intégralité du bénéfice calculé. Toutefois, si la base d’achat se raffermit, il perd une partie du bénéfice. Si la base d’achat s’affaiblit et que le négociant achète le coton physique avec une base plus large, alors son bénéfice augmente. Les négociants obtiennent la base d’achat en calculant les coûts d’achat du coton à l’origine, de son transport jusqu’au lieu où il pourra être offert en règlement d’un contrat à terme New York. Imaginons que la base d’achat est estimée à 4,00 cents la livre au-dessous du contrat à terme (off the futures contract). Si le coton peut être acheté 5,00 cents la livre au-dessous, on considère que la base s’est affaiblie. En revanche, si le négociant doit payer 3,00 cents la livre de moins que le terme au moment où il achète le coton, on estime que la base s’est raffermie. Une base affaiblie au moment de l’achat du coton est synonyme de bénéfice pour l’acheteur.

    Exemples de couverture

    En juin, un négociant international souhaite vendre à une usine textile 1 000 tonnes (4 400 balles de taille américaine) d’une qualité donnée de coton brut pour livraison en décembre de la même année. Le négociant ne peut pas acheter le coton en juin et le conserver jusqu’à la livraison, les frais seraient prohibitifs. Le négociant calcule que la base d’achat se situera autour de la base traditionnelle de 4,00 cents la livre au-dessous des contrats à terme décembre New York, lesquels se négocient autour de 60,00 cents la livre. Le négociant calcule que la livraison du coton de l’origine à l’usine textile coûtera 7,50 cents la livre. Il souhaite encaisser un bénéfice net de 2,00 cents la livre et offre donc le coton à l’usine textile à 5,50 cents la livre au-dessus de la cotation décembre New York (on December NY), ce qui amène le prix à 65,50 cents la livre pour l’usine textile.

    4,00 c/livre déduits du contrat à terme New York à 60,00 c/livre égale 
    56.00 c/livre 
    Coûts de livraison du coton à l’usine textile 
    7.50 c/livre 
      
    --------------- 
      
    63.50 c/livre 
    Bénéfice 
    2.00 c/livre 
      
    --------------- 
    Prix fixé pour l’usine textile 
    65.50 c/livre 

    L’usine textile accepte de payer au négociant un prix situé 5,50 cents la livre au-dessus du contrat à terme décembre New York et le prix est fixé à 65,50 cents la livre pour le coton livré à l’usine en décembre. Le négociant souhaite couvrir la transaction et achète donc immédiatement 44 contrats à terme décembre New York (de 100 balles chacun) à 60,00 cents la livre.

    Supposons qu’en novembre, lorsque le négociant achète le coton à livrer à l’usine textile, les contrats à terme décembre New York sont passés à 65,00 cents la livre. Le négociant peut acheter le coton avec une base traditionnelle de 4,00 cents la livre soustraits des contrats à terme décembre New York, et vend les 44 contrats à terme décembre à 65,00 cents la livre, ce qui l’amène à un prix d’achat au comptant de 61,00 cents la livre. Comme prévu, la livraison du coton à l’acheteur coûtera 7,50 cents la livre au négociant, soit un coût total de 68,50 cents la livre. Le coton est facturé 65,50 cents la livre à l’usine textile, soit une perte au comptant de 3,00 cents la livre pour le négociant. Cependant, le négociant avait acheté 44 contrats à terme décembre à 60,00 cents la livre qui ont été vendus à 65,00 cents la livre lorsque le négociant a acheté le coton au comptant, soit un bénéfice net de 5,00 cents la livre pour les contrats à terme. Après déduction de la perte de 3,00 cents la livre de la transaction sur le physique des 5,00 cents de bénéfice encaissés sur la transaction à terme, le négociant réalise un nouveau bénéfice de 2,00 cents la livre – comme prévu.

    Supposons que le prix à terme décembre soit passé à 55,00 cents la livre entre la date à laquelle le négociant a conclu la vente et le moment où il a acheté le coton à livrer. Le négociant peut acheter le coton au comptant avec une base de 4,00 cents la livre à soustraire des contrats à terme décembre, ce qui signifie un achat de physique à 51,00 cents la livre. Si l’on ajoute à cette somme les 7,50 cents la livre pour livrer le coton à l’usine, nous obtenons un coût total de 58,50 cents la livre pour le négociant. Toutefois, le négociant facture le coton à l’acheteur à 65,50 cents la livre et réalise un bénéfice net de 7,00 cents la livre. Cette fois, lorsque le négociant a acheté le coton au comptant, les contrats à terme décembre qu’il avait payés 60,00 cents la livre ont été vendus 55,00 cents la livre, soit une perte de 5,00 cents la livre sur l’opération à terme. Le bénéfice de 7,00 cents la livre sur l’opération physique est partiellement amputé par la perte de 5,00 cents sur l’opération à terme, ce qui laisse au négociant un bénéfice net de 2,00 cents la livre – comme prévu.

    Si le négociant achète du coton au comptant avant de réaliser une vente physique au comptant, la couverture appropriée consiste à vendre à terme la même quantité de coton acheté au comptant. Cette couverture fonctionne différemment de la précédente. Lorsque le négociant achète le coton, les contrats à terme décembre se négocient à 60,00 cents la livre. La base au comptant est de 4,00 cents la livre à soustraire du contrat à terme décembre, ce qui signifie un achat au comptant à 56,00 cents la livre. Le négociant vend la même quantité de coton à terme au prix de 60,00 cents la livre afin de couvrir la transaction au comptant.

    Imaginons qu’au moment où le négociant peut vendre le coton à l’usine textile le prix à terme décembre ait augmenté pour atteindre 65,00 cents la livre. Le négociant calcule que le coût de détention et de livraison du coton atteint 7,50 cents la livre et souhaite réaliser un bénéfice de 2,00 cents la livre. Il vend donc le coton à une usine textile au prix de base de 5,50 cents la livre à ajouter au contrat à terme décembre, le prix ferme étant ainsi fixé à 70,50 cents la livre. Dans le même temps, le négociant rachète les 44 contrats à terme décembre vendus à l’achat du coton au comptant. Résultats:


    Coton acheté au comptant 
    56.00 c/livre 
    Coton vendu au comptant 
    70.50 c/livre 
    Bénéfice sur le comptant 
    14.50 c/livre 
    Contrats à terme vendus 
    60.00 c/livre 
    Contrats à terme achetés 
    65.00 c/livre 
    Pertes à terme 
    5.00 c/livre 
    Bénéfice sur le comptant moins pertes à terme 
    9.50 c/livre 
    Coûts de détention et de livraison 
    7.50 c/livre 
    Bénéfice sur la transaction 
    2.00 c/livre