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  • 4.8.3-COUVERTURE À L’AIDE D’OPTIONS

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  • Couverture à l’aide d’options

    Chapitre 4 - Négoce du coton -Systèmes de couverture et de marche  

     
     
    Cotonculteurs et usines textiles peuvent dans une certaine mesure se protéger contre le risque de prix en utilisant les produits dérivés, ou options, à terme. En 1984, la NYCE a lancé ses premières options sur contrats à terme, offrant ainsi aux acheteurs et aux vendeurs de coton un moyen totalement nouveau de se prémunir contre le risque de prix. Les options sur contrats à terme sont de plus en plus utilisées à travers le monde, tant par les cotonculteurs que par les usines textiles. Les négociants ne recourent généralement pas aux options pour se couvrir, excepté pour créer un dérivé synthétique par l’achat et la vente d’options. Ils peuvent, et devraient, néanmoins pouvoir intégrer les options aux contrats avec les cotonculteurs et les usines textiles.

    Il existe deux types d’options à terme, les options d’achat et les options de vente.

    Options d’achat

    L’option d’achat confère à l’acheteur le droit, mais pas l’obligation, d’acheter l’instrument sous-jacent à un prix défini à l’avance et pendant une période déterminée. Le vendeur de l’option a lui l’obligation de vendre à l’acheteur et doit verser le dépôt de garantie comme dans le cas d’un contrat à terme.

    Options de vente

    L’option de vente confère à l’acheteur le droit, mais pas l’obligation, de vendre l’instrument sous-jacent à un prix déterminé à l’avance et pendant une période déterminée. Le vendeur d’une option de vente a l’obligation de vendre à l’acheteur et doit verser le dépôt de garantie comme dans le cas d’un contrat à terme.

    Utilisation des options

    Les options d’achat et de vente peuvent être utilisées dans le cadre de stratégies de prix minimum pour les égreneurs ou les exportateurs et de stratégies de prix maximum pour les usines textiles. L’exportateur et l’usine textile ne sont pas obligés de négocier les options directement. Le négociant peut les intégrer au contrat au moment de fixer le prix au titre d’un contrat à prix ferme ou à prix ouvert.

    Contrat à prix minimum garanti

    Imaginons qu’un cotonculteur propose une certaine quantité de coton à un négociant, mais qu’il ne souhaite pas encore fixer le prix du coton. Il peut avoir des raisons de penser que les prix vont augmenter dans un avenir proche mais ne souhaite pas conserver le coton car cela lui coûterait cher. Le cotonculteur souhaite néanmoins se protéger contre une éventuelle baisse des prix. Le négociant peut conclure un contrat de prix minimum garanti de la manière suivante.

    Supposons que les contrats à terme se négocient à environ 54,00 cents la livre et que le cotonculteur accepte de vendre la quantité de coton au négociant avec une base de 4,00 cents la livre au-dessous du contrat à terme. Si le négociant inclut une option de vente dans la base, il peut garantir au cotonculteur un prix minimum, et ce de la manière suivante. Supposons qu’une prime sur option de vente de 50,00 cents la livre coûte 2,00 cents la livre. Le négociant achète une option de vente de 50,00 cents la livre pour 2,00 cents la livre pour le cotonculteur qui est ajoutée à la base, donnant naissance à une nouvelle base de 6,00 cents la livre sous le terme (off the futures). Cette stratégie garantit au cotonculteur un prix minimum de 44,00 cents la livre, indépendamment de l’évolution enregistrée par les prix.

    Imaginons que le prix à terme descende jusqu’à 40,00 cents la livre et que le cotonculteur décide de fixer le prix du coton déjà facturé au négociant. Le prix sera fixé à 34,00 cents la livre, 40,00 cents la livre moins les 6,00 cents la livre. Cependant, l’option de vente aura pris au moins 10,00 cents la livre, valeur qui sera portée au compte du cotonculteur. Il convient d’y ajouter les 34,00 cents la livre perçus par le cotonculteur pour le coton, ce qui ramène le prix au prix minimum garanti de 44,00 cents la livre.

    Si le marché à terme augmente comme le pense le cotonculteur, l’option de vente arrive à échéance est n’est d’aucune utilité mais le cotonculteur aura la possibilité de fixer le prix à un niveau supérieur.

    Contrat à prix maximum garanti

    Avec option d’achat

    Exemple 1. L’acheteur d’une usine textile passe un contrat avec un négociant sur du coton à livrer en juin et juillet. Toutes les modalités du contrat sont déterminées à l’exception du prix; il s’agit d’un contrat à prix ouvert. Le prix de base du contrat est 7,50 cents la livre au-dessus du terme New York juillet (on July NY futures), contrats négociés à 54,00 cents la livre. L’acheteur de coton pense que les prix ne vont pas beaucoup augmenter mais il souhaite néanmoins se protéger contre une éventuelle augmentation. L’acheteur décide de demander au vendeur d’intégrer une option d’achat juillet à un prix d’exercice de 58,00 qui coûte 1,50 cents la livre. L’acheteur bénéficie alors d’un prix maximum garanti de 67,00 cents la livre. En ajoutant la base au prix de l’option d’achat on obtient une base nette de 9,00 cents la livre sur juillet, et en l’ajoutant au prix d’exercice de l’option d’achat, on obtient le prix maximum garanti.

    Avant l’échéance de l’option d’achat, le prix à terme juillet passe à 66,00 cents la livre. L’acheteur décide de fixer le prix du contrat à ce niveau. En ajoutant aux 66,00 cents la livre la base nette de 9,00 cents la livre, on obtient un prix ferme de 75,00 cents la livre. En déduisant la valeur de 8,00 cents la livre de l’option d’achat juillet à 58,00 on obtient le prix maximum garanti de 67,00 cents la livre pour le contrat.

    Si les prix à terme fléchissent, l’acheteur aura la possibilité de fixer le prix du contrat à un niveau inférieur et n’exercera pas l’option.

    Exemple 2. L’acheteur d’une usine textile passe un contrat avec un négociant sur du coton à livrer en juin et juillet. Le prix de base auquel le coton a été acheté est 7,50 cents la livre au-dessus (on) du terme juillet New York, contrats négociés à 54,00 cents la livre, ce qui amène le prix ferme du contrat à 61,50 cents la livre.

    L’acheteur ne pense pas que les prix vont baisser mais souhaite néanmoins se protéger, au cas où. L’acheteur décide d’intégrer au contrat une option de vente juillet à prix d’exercice de 50,00, à un coût de 1,50 cents la livre. Les 1,50 cents sont ajoutés à la base d’achat, ce qui donne une base nette de 9,00 cents la livre sur le contrat à terme juillet. Le prix maximum garanti du contrat est à présent de 63,00 cents la livre. Supposons que les prix à terme déclinent jusqu’à 44,00 cents la livre. La valeur de l’option de vente est à présent de 6,00 cents la livre. L’option est exercée et les 6,00 cents sont ristournés à l’acheteur, ce qui amène le prix net du contrat à 57,00 cents la livre au lieu de 63,00 cents la livre.

    Si les prix augmentent, l’acheteur dispose alors du coton acheté à un prix inférieur au cours du marché.

    Il ne s’agit là que de deux exemples assez simples de la manière dont les options peuvent être utilisées pour se protéger contre le risque de prix sur un marché habituellement très volatile. La plupart des vendeurs de coton des États-Unis ajoutent le prix de l’option, appelé “prime”, au prix du contrat, épargnant ainsi aux acheteurs le souci de réaliser eux-mêmes l’opération sur option par l’intermédiaire d’un collecteur d’ordres à terme. La stratégie fonctionne néanmoins de la même manière, quelle que soit la méthode d’achat.

    La prime fonctionne pour ainsi dire comme une prime d’assurance, en ce sens que le coût dépend du degré de protection du prix, de l’ampleur de l’assurance, souhaitée par l’acheteur. Plus la protection souhaitée est grande, plus la prime est chère.