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  • 4.7.1-NÉGOCE DE CONTRATS À TERME-GÉNÉRALITÉS

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    Chapitre 4 - Négoce du coton -Négoce de contrats à terme   

     
     
    Négociations à la corbeille

    Dans la négociation traditionnelle à la criée ou à la corbeille, la transaction est initiée sur le parquet de la bourse. À l’inverse du marché physique, aucun accord privé n’est autorisé. La transaction est négociée sur le parquet, ce qui donne à tous les intervenants la possibilité de réagir aux offres d’achat et de vente. La négociation se conclut au moment où un acheteur et un vendeur se mettent d’accord et où le vendeur enregistre la vente auprès de la chambre de compensation. À partir de là, les deux négociateurs ne sont plus responsables qu’envers la chambre de compensation. Celle-ci est donc partie à toutes les transactions des acheteurs et des vendeurs.

    La négociation électronique ou automatique est différente mais reste aussi transparente que la négociation à la criée en ce sens que toutes les offres d’achat et de vente peuvent être consultées par tous les intervenants. Le système informatique jumèle les offres d’achat et de vente équivalentes sans intervention humaine. Une fois les ordres jumelés, la procédure de compensation est exactement la même que pour la criée.

    Les contrats à terme sont normalisés, en ce sens que toutes les conditions sont déterminées, à l’exception de la date d’échéance exacte, des noms du vendeur et de l’acheteur, et du prix. Les règles du marché sont des conditions contractuelles juridiquement exécutoires et ne peuvent par conséquent pas être modifiées de manière substantielle en cours de contrat. Sur chaque contrat à terme sont indiqués la quantité, la qualité, et la condition de la marchandise à la livraison, les mesures à prendre en cas de défaut de livraison, ainsi que les modalités du paiement final.

    Livraison


    La plupart des transactions à terme ne débouchent pas sur la livraison physique de la marchandise.

    En fonction de leur stratégie, les négociateurs sur contrats à terme décident généralement la décision soit d’éviter la livraison, soit de l’exécuter. En d’autres termes, soit ils concluent une transaction compensatoire avant l’échéance pour éviter que ne leur soit remis le coton physique; soit ils forcent sciemment la bourse à livrer (remettre) le coton physique en laissant le contrat arriver à échéance. La livraison doit avoir lieu entre le premier et le dernier jour de cotation du mois d’échéance, bien que les modalités puissent varier d’un marché à l’autre.

    Si les contrats à terme peuvent être utilisés pour obtenir une livraison, leurs modalités ne sont pas pratiques pour toutes les parties. À titre d’exemple, le vendeur a l’exclusivité du choix du lieu de livraison. Cette situation peut bien entendu créer des difficultés pour l’acheteur. Par ailleurs, le coton livré, bien qu’acceptable au titre d’un contrat à terme, peut ne pas présenter les caractéristiques de qualité souhaitées par l’acheteur.

    Transactions compensatoires

    Le négociateur qui achète un contrat à terme et n’a pris aucune autre position sur la bourse est long. Si cet achat n’est pas ultérieurement compensé par une vente équivalente à terme, alors l’acheteur doit prendre livraison de la marchandise.

    Autre possibilité, le négociateur qui vend un contrat à terme sans achat compensatoire à terme est court. Les négociateurs qui ont pris l’une ou l’autre de ces positions sur le marché peuvent la liquider de deux manières. La première passe par la livraison ou la réception réelle de la marchandise. La plupart des négociateurs optent pour la deuxième solution qui consiste à annuler l’obligation d’acheter ou de vendre en réalisant une opération inverse appelée transaction compensatoire ou débouclage de position. En achetant un contrat correspondant, le négociateur ayant une position courte est libéré de son obligation de livrer. De la même manière, le négociateur qui a une position longue peut compenser ses achats en cours en vendant.

    Position ouverte. L’ensemble des positions longues ou courtes en cours de la chambre de compensation (qui sont toujours égales) est appelé la position ouverte. À la fin de chaque jour de cotation, la chambre de compensation assume une part de tous les contrats en cours : si un négociateur a pris une position longue, la chambre de compensation prend la position courte, et inversement. La chambre de compensation garantit l’exécution des deux côtés de tous les contrats en cours pour ses adhérents, et chaque négociateur ne traite avec la chambre de compensation après avoir pris une position. Ainsi, dans la pratique, toutes les obligations de recevoir ou de livrer des marchandises sont contractées avec la chambre de compensation et pas avec d’autres négociateurs.

    Prix à terme

    Prix à terme et prix au comptant (spot). Les marchés à terme offrent aux producteurs, consommateurs, opérateurs et spéculateurs une enceinte leur permettant d’échanger offres d’achat et de vente jusqu’à parvenir à un prix d’équilibre entre l’offre et la demande du jour. Seule une partie négligeable des échanges de coton physique est négociée sur les marchés boursiers. Le prix à terme vise à refléter la situation actuelle et à venir de l’offre et de la demande, alors que le prix au comptant sur le marché physique s’entend du prix du coton livrable sur le champ. Sur le marché à terme, le prix au comptant reflète normalement la position à terme la plus rapprochée.

    Reports et déports. Lorsque le cours à terme ferme affiche une prime par rapport au prix au comptant, on dit que le marché affiche un report. Plus les positions à terme ferme sont éloignées de la position au comptant, plus leur prix augmente. Pour inciter les négociateurs à reporter des stocks, les primes des positions à terme ferme doivent couvrir au moins une partie des frais des reports de ceux qui acceptent de prendre possession de la marchandise. Par conséquent, lorsque les stocks deviennent excessifs, le marché à terme permet aux opérateurs de pénétrer le marché pour acheter la marchandise au comptant et de la vendre à terme, et donc de la reporter. Le report atteint finalement un niveau où la prime couvre le coût total du financement, du stockage et de l’assurance des stocks de coton non utilisés. Le niveau de cette prime à terme est connu sous le nom de “report intégral”. Les détenteurs de coton excédentaire sont à présent couverts pour l’ensemble des coûts de détention de ces stocks.

    L’ampleur de la prime à terme ferme ou de la décote entre les différents mois boursiers à terme ferme cotés à tout moment reflète les données fondamentales du marché du coton. Lorsque le coton est disponible en quantité insuffisante, le marché affiche presque immanquablement un déport, le cours à terme ferme affichant une décote par rapport au prix au comptant. Ce déport encourage le détenteur de stocks excédentaires à les offrir sur le marché au comptant et à toucher le déport en achetant simultanément un tonnage identique à terme ferme avec une décote par rapport au prix au comptant.

    Différences entre les prix des marchés à terme ferme et à terme

    Les marchés à terme ferme sont utilisés pour obtenir la livraison effective d’une marchandise. À l’inverse, les marchés à terme sont des marchés “papier” utilisés pour couvrir les risques de prix ou pour la spéculation plutôt que pour négocier la livraison effective de marchandises. D’une manière générale, les prix sur le marchés à terme ferme et sur le marché à terme évoluent en parallèle. Cependant, alors que le prix à terme est le reflet de l’offre et de la demande mondiales, le prix physique d’un coton donné sur le marché à terme ferme reflète l’offre et la demande de ce type et gradede coton, et les origines comparables les plus proches.

    Les prix sur les marchés du physique et à terme ont tendance à évoluer en parallèle car les négociateurs de contrats à terme sont habilités à exiger ou à procéder à la livraison du coton physique contre leurs contrats à terme. L’important n’est pas que la livraison ait lieu, mais qu’elle soit possible, que cette option soit retenue ou non. Tout écart entre les prix du physique et les prix à terme entraîne des transactions compensatoires sur les deux marchés, ce qui rapproche à nouveau les prix.

    Toutefois, acheter à terme dans l’espoir d’utiliser le coton pour s’acquitter d’obligations de livraison de physique est extrêmement risqué car l’acheteur de contrats à terme ne connaît pas le lieu de stockage exact du coton, son origine ou sa qualité tant qu’il n’a pas été livré. Il se peut que le coton qui est finalement livré ne corresponde pas à ce dont l’acheteur a besoin pour s’acquitter de ses obligations contractuelles de livraison, ce qui augmente son exposition au risque au lieu de la diminuer. Par ailleurs, le coton physique de qualité acceptable au titre d’un contrat d’expédition à terme ou de livraison peut généralement être livré contre une position courte sur le marché à terme car l’acheteur peut choisir l’origine et le lieu de la livraison du coton physique. Cette particularité fait des contrats à terme un excellent instrument de couverture contre physiques.

    Types d’ordres

    L’ordre à seuil de déclenchement pour la journée signifie qu’un membre d’une bourse se voit demander d’acheter ou de vendre un nombre de lots donné (contrats) pour une échéance donnée, à un prix donné. Par exemple, deux lots (200 balles) de coton pour décembre à 62 cents la livre. Le contrat doit être exécuté le jour où l’ordre est donné. Le collecteur d’ordres achète, si possible, à un prix inférieur, mais jamais à un prix supérieur; ou il vend à un prix supérieur mais jamais à un prix inférieur. Ainsi, si le contrat est conclu, le donneur d’ordre est assuré d’obtenir le prix demandé, mais il court le risque qu’aucun contrat ne soit conclu si le commis négociateur n’est pas en mesure d’exécuter l’ordre ce jour là.

    L’ordre à seuil ouvert est un ordre semblable, si ce n’est que les instructions données ne sont pas limitées dans le temps et restent valables tant que l’ordre n’est pas exécuté ou annulé par le donneur d’ordre. Ce type d’ordre est aussi connu sous le nom d’ordre à révocation (ordre GTC – good till cancelled).

    L’ordre au prix du marché est un ordre qui donne davantage de souplesse au collecteur d’ordres, leur permettant de conclure un contrat au meilleur prix possible disponible à ce moment là.

    Les ordres sont souvent assortis de conditions. À titre d’exemple, un collecteur d’ordres peut recevoir instruction de conclure un contrat si le prix atteint un seuil donné. Des ordres peuvent aussi être passés qui sont subordonnés à certaines conditions fixées par le donneur d’ordre. Par exemple : ordres à n’exécuter qu’à l’ouverture ou à la clôture dumarché; ou les ordres à exécuter dans un délai donné. (Les ordres sont placés en file d’attente à l’ouverture et à la clôture dumarché et ne sont donc pas saisis au même prix, notamment lorsque le volume des transactions est élevé sur un marché actif. Si un prix a été fixé, l’ordre risque de ne pas être exécuté si ce prix n’est pas atteint ou s’il est dépassé.)

    Les ordres au prix du marché et les ordres à seuil de déclenchement pour la journée sont les plus fréquents mais des ordres peuvent aussi être conçus pour répondre aux besoins des donneurs d’ordre. Les donneurs d’ordre qui suivent de près l’évolution de la bourse révisent fréquemment leurs ordres pour s’adapter aux changements des conditions du marché. Ceux qui ne suivent pas la situation d’heure en heure placent généralement des ordres ouverts, ou des ordres subordonnés à certaines conditions. À titre d’exemple, l’ordre stop – déclenché dès qu’un prix préalablement déterminé est atteint – limite les pertes du donneur d’ordre par rapport au niveau auquel l’ordre est exécuté. Assortir l’ordre de conditions plus générales donne davantage de souplesse au collecteur d’ordres et lui permet de s’adapter aux changements du marché et de prendre la décision finale.

    Positions

    La position ouverte s’entend du nombre de contrats enregistrés auprès de la chambre de compensation qui ne sont pas compensés par d’autres contrats ou offres lorsque le contrat arrive à échéance. À titre d’exemple, le négociateur sur coton peut avoir auprès de la chambre de compensation une position de 30 contrats d’achat et de 40 contrats de vente. Certains des achats et certaines des ventes peuvent concerner le même mois d’échéance mais le négociateur peut avoir demandé d’attendre des instructions si ces contrats constituent pour lui des opérations de couverture distinctes. En d’autres termes, le négociateur va prendre de nouvelles positions à terme afin de les compenser à la liquidation. La position ouverte de ce négociateur reste de 70 lots jusqu’à ce que certains des contrats soient compensés ou liquidés.

    La chambre de compensation notifie uniquement le total tous opérateurs confondus, plutôt que la position d’un membre donné, laquelle est notifiée par le collecteur d’ordres. Le rapport d’engagement des opérateurs (COT – commitment of traders) de la CFTC ventile la position ouverte totale pour le contrat n°2 sur coton du NYBOT par catégorie de collecteurs d’ordres. Les gros collecteurs d’ordres sont dits “à signaler”, contrairement aux petits collecteurs d’ordres. Le rapport COT contient une ventilation plus poussée de la position ouverte par collecteurs d’ordres à signaler commerciaux et non commerciaux. Il s’agit là d’un instrument des plus utiles qui permet aux exportateurs de se faire une idée des positions longues ou courtes de gros fonds d’investissement spéculatifs.

    Marges

    Les dépôts de garantie (de couverture) sont demandés à l’engagement de la transaction à terme. Des appels de marge sont possibles chaque jour en fonction de la fluctuation du prix des contrats lorsque l’évolution du marché est défavorable au collecteur d’ordres. Si des fonds supplémentaires sont nécessaires pour reconstituer le dépôt initial (actuellement de $E.-U. 1 200 par contrat sur coton pour les opérateurs en couverture, soit 2,4 cents la livre ou environ 4% de la valeur nominale du contrat) alors les marges de variations doivent être acquittées à moins que des garanties suffisantes (des bons du Trésor, par exemple) aient été déposés à l’ouverture du compte. À l’inverse, si l’évolution du prix à terme est favorable au négociateur, les bénéfices enregistrés lui sont immédiatement crédités.

    Les dépôts de garantie et les marges de variation sont périodiquement ajustées pour les raisons suivantes : pour refléter la progression ou le recul du marché; pour garantir davantage les positions volatiles, en particulier pour les mois sans limite; et pour décourager une concentration excessive des positions sur un mois donné. Les investisseurs doivent noter que les appels de marge peuvent être modifiés sans préavis.

    Financement des marges

    Le financement des appels de marges sur contrats ouverts peut rendre le recours aux marchés à terme très coûteux pour les producteurs et les exportateurs, notamment parce que les marges de variation sont toujours payées comptant. Tout utilisateur des marchés à terme doit savoir que les appels de marge imprévus peuvent coûter cher et peser sur la marge brute d’autofinancement ainsi qu’en termes d’intérêts sacrifiés sur les dépôts effectués auprès de la chambre de compensation. L’utilisateur doit donc réfléchir à la manière dont il va financer les appels de marge avant de s’engager. À titre d’exemple, lorsque le marché clos “limite à la hausse”, en d’autres termes 3 cents au-dessus du cours de clôture précédent, cela se traduit par un appel de marge de $E.-U. 1 500 par contrat, de sorte que l’exportateur ayant une position courte de 10 contrats contre stocks physiques de 226,8 tonnes devrait payer $E.-U. 15 000 dans les 24 heures pour répondre à l’appel de marge. Bien entendu, l’augmentation de la valeur des contrats physiques bénéficierait dans ce cas là aux exportateurs, mais ils pourraient avoir bien des difficultés à en convaincre les banques qui financent les produits de base, à l’exception peut-être des plus expérimentées.