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  • 5.3.2-SEGMENTS DU MARCHÉ-CHAPITRE 5 - SEGMENTS DU MARCHÉ - COTON BIOLOGIQUE : UN DÉBOUCHÉ COMMERCIAL

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  • Chapitre 5 - Segments du marché - Coton biologique : un débouché commercial

    Chapitre 5 - Segments du marché - Coton biologique :un débouché commercial  

     
     
    Une palette d’organisations font la promotion du “commerce équitable” à l’échelle internationale. En 2001, les quatre organisations faîtières des initiatives de commerce équitable ont adopté la définition suivante du “commerce équitable” : “Le commerce équitable est un partenariat commercial, basé sur le dialogue, la transparence et le respect, qui vise plus d’équité dans le commerce international. Le commerce équitable contribue au développement durable en proposant de meilleures conditions commerciales aux producteurs marginalisés, spécialement dans le Sud, et en sécurisant leurs droits. Les acteurs du commerce équitable, soutenus par les consommateurs, s’engagent à appuyer activement les producteurs, à sensibiliser le public et à se mobiliser pour des changements dans les règles et les pratiques du commerce international conventionnel.” (Krier, 2005).

    L’objectif stratégique du commerce équitable est de “travailler délibérément avec des producteurs et des travailleurs marginalisés afin de les aider à passer d’une position de vulnérabilité à la sécurité et à l’autosuffisance économique, donner plus de poids aux producteurs et aux travailleurs en tant que parties prenantes de leurs organisations, et de jouer activement un plus grand rôle dans l’arène mondiale pour parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial” (Krier, 2005).

    Des textiles et des vêtements fabriqués en coton issu du commerce équitable sont en vente dans plusieurs pays européens depuis 2005. Ce coton issu du “commerce équitable” est produit par des cotonculteurs dont les organisations de producteurs ont été certifiés sur la base des normes de Fairtrade Labelling Organizations International (FLO), une des quatre organisations faîtières évoquées plus haut. FLO est le principal organisme à activité normative et de certification du commerce équitable.

    FLO est associée à des initiatives d’étiquetage dans 15 pays européens ainsi qu’en Autriche et en Nouvelle-Zélande, au Canada, au Japon, au Mexique et aux États-Unis. FLO inspecte et certifie régulièrement quelque 500 organisations de producteurs dans plus de 50 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Des producteurs de pays européens, des États-Unis et de la Turquie, entre autres, ne peuvent pour l’instant prétendre vendre sous le label commerce équitable.

    Le commerce équitable prône la gestion transparente des organisations de producteurs et l’autonomisation des producteurs. Le coton issu du commerce équitable contribue à accroître la rémunération du producteur et à réduire la pauvreté.

    Normes


    Les petits exploitants participent au commerce équitable par le biais des organisations de producteurs dont ils sont membres (coopératives, groupes de producteurs, associations, etc.). FLO contrôle ces organisations sur la base de deux groupes de normes : les normes génériques et les normes par produit24. Les normes génériques visent à garantir la gestion transparente des organisations de producteurs. Par ailleurs, en exigeant des progrès des producteurs, ils sont encouragés améliorer continuellement leurs moyens de subsistance et leur organisation (FLO, 2005).

    Il existe aujourd’hui des normes produit pour les bananes, le sucre de cane, le cacao, le café, les fruits secs, les fleurs, les fruits et légumes frais, les jus de fruits, les fines herbes et les épices, le miel, les fruits à coque et les oléagineux, le quinoa, le riz, le coton graine, les balles et ballons pour le sport, le thé et le raisin à vin. Les normes par produit pour le coton graine ont été élaborées en 2004 et révisées en 2006 (FLO, 2006a). Il n’existe pas encore de normes pour la transformation et le commerce du coton issu du commerce équitable tout au long de la chaîne de production textile. Des normes génériques pour les négociants sont en cours d’élaboration.

    Le commerce équitable repose sur le paiement d’un prix minimum garanti aux producteurs. Le prix minimum doit être suffisamment élevé pour couvrir les coûts de production et le coût de la vie du producteur, plus les coûts du contrôle et de la certification par l’organisme d’inspection FLO-Cert qui certifie à l’aune des normes du commerce équitable établies par FLO. Outre le prix minimum garanti payé au producteur, une prime communale est versée à l’organisation de producteurs pour les investissements consentis dans des projets choisis collectivement par ses membres.

    Les normes par produit pour le coton issu du commerce équitable mettent les producteurs en garde contre l’utilisation de pesticides. FLO travaille sur la base d’une liste de substances prohibées qui comprend un certain nombre de pesticides utilisés dans la filière cotonnière traditionnelle dans certains pays, tels que l’endosulfane insecticide, le méthamidophos, le monocrotophos et le triazophos, ainsi que les fongicides lindane et paraquat (FLO, 2006b). L’interdiction de ces pesticides hautement toxiques réduit les risques d’empoisonnement et de contamination des denrées alimentaires. FLO encourage les producteurs et leurs organisations à réduire leur utilisation générale de pesticides par l’adoption de stratégies de lutte intégrée contre les parasites.

    Développement du coton issu du commerce équitable

    FLO travaille sur la base d’un prix minimum garanti aux producteurs qui varie selon la production dans chaque pays. En Afrique de l’ouest, le prix minimum a été fixé à FCFA 238 le kilo de coton graine (EUR 0,36 le kilo; soit $E.-U. 0,43 le kilo, ou $E.-U. 0,20 la livre), un prix largement supérieur au prix local habituellement pratiqué. À titre d’exemple, au Burkina Faso et au Mali, le prix conventionnel était de FCFA 210 le kilo en 2004/05, et de FCFA 175 au Burkina Faso et FCFA 160 au Mali en 2005/06. Le prix producteur était donc 13% supérieur à celui du coton conventionnel en 2004/05, 36% supérieur au Burkina Faso en 2005/06, et 49% supérieur au Mali en 2005/06. Une prime communale de FCFA 34 le kilo de coton graine était également payé après la vente de la fibre.

    Il convient néanmoins de replacer ce prix plus élevé dans son contexte. Tout d’abord, le prix producteur couvre aussi le coût de l’enregistrement, de l’inspection et de la certification par FLO-Cert. Ensuite, les producteurs d’Afrique de l’ouest sont convenus de sélectionner avec plus grand soin leur coton graine lors de la récolte pour en garantir la qualité25. Ils vendent du coton graine de plus grande qualité aux égreneurs et aux sociétés de négoce. Enfin, les producteurs ne perçoivent la prime communale uniquement pour les quantités de fibre vendues par l’acheteur en tant que coton issu du commerce équitable.

    Le coton issu du commerce équitable, certifié par FLO-Cert, existe depuis trois ans. En 2006. Il existait huit groupes certifiés par FLO dans six pays : Burkina Faso, Cameroun, Inde, Mali, Pérou et Sénégal. En 2005 (la première campagne de commercialisation) le commerce de coton certifié FLO s’élevait à 1 400 tonnes, dont la moitié destinée à la France et la moitié à la Suisse. Depuis lors, la vente de produits issus du commerce équitable s’est étendue à l’Autriche, la Belgique, le Luxembourg et le Royaume-Uni. Les ventes commenceront aux Pays-Bas en 2007. L’Allemagne est les États-Unis pourraient bien suivre. En 2006, les ventes ont atteint quelque 4 000 tonnes de fibre.

    Parmi les acteurs actuellement associés à la transformation et à la distribution du coton issu du commerce équitable figurent différents producteurs de textiles et de vêtements vendant, entre autres, des chaussettes, des T-shirts, des polos, des textiles d’ameublement, et des produits en coton destinés à la cosmétologie. Les produits sont distribués par vente par correspondance, des grands magasins, des magasins indépendants et des boutiques spécialisées.


    *Les normes génériques FLO pour les organisations de petits producteurs et les normes FLO pour les organisations de petits producteurs de coton-graine sont disponibles à l’adresse www.fairtrade.net/standards.html.

    25 Il ne s’agit pas d’une prescription formelle de FLO, mais plutôt du résultat d’un accord volontaire entre l’acheteur, le groupe français Dagris, et les producteurs ouest-africains de coton issu du commerce équitable.