• back
  • 5.3.1-SEGMENTS DU MARCHÉ -COTON BIOLOGIQUE

  • header fr 
  • Coton biologique

    Chapitre 5 - Segments du marché - Coton biologique :un débouché commercial    

     
     

    Le coton biologique est le coton issu de l’agriculture biologique. La production agricole est considérée comme “biologique” lorsqu’elle a été certifiée en tant que tel par des organismes d’inspection et de certification indépendants selon les règles et règlements qui s’appliquent dans le pays, la région, ou sur le marché de consommation visé.

    La Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique (IFOAM), l’organe qui représente l’agriculture biologique à travers le monde, définit l’agriculture biologique sur la base de quatre principes16:

    • Le principe de santé. L’agriculture biologique devrait soutenir et améliorer la santé des sols, des plantes, des animaux, des hommes et de la planète, comme étant une et indivisible.
    • Le principe d’écologie. L’agriculture biologique devrait être basée sur les cycles et les systèmes écologiques vivants, s’accorder avec eux, les imiter et les aider à se maintenir.
    • Le principe d’équité. L’agriculture biologique devrait se construire sur des relations qui assurent l’équité par rapport à l’environnement commun et aux opportunités de la vie.
    • Le principe de précaution. L’agriculture biologique devrait être conduite de manière prudente et responsable afin de protéger la santé et le bien-être des générations actuelles et futures ainsi que l’environnement.

    En général, l’agriculture biologique a pour objectif l’utilisation optimale et durable des ressources naturelles locales pour produire sans recourir à des intrants externes tels les pesticides de synthèse, les engrais chimiques, les herbicides, les défoliants et les graines traitées chimiquement ou génétiquement modifiées. Les intrants externes “biologiques” peuvent être utilisés.

    Les agriculteurs qui souhaitent se convertir à l’agriculture biologique doivent passer par une période de conversation de un à trois ans selon leurs antécédents culturaux. La période de conversion permet au sol et à l’environnement de se remettre des cultures précédentes tout en utilisation les méthodes de production biologique. Le produit fabriqué pendant la période de conversion ne peut être vendu en tant que “biologique” et n’est généralement pas vendu plus cher sur le marché. Les risques et les coûts associés à la conversion constituent un obstacle de taille à l’adoption de l’agriculture biologique.

    La production biologique nécessite généralement davantage de main d’oeuvre et les rendements peuvent être inférieurs à ceux de l’agriculture conventionnelle – mais ce n’est pas une règle systématique. Les agriculteurs qui produisent en biologique obtiennent généralement un prix plus élevé pour les produits afin de compenser la perte de rendement, les opérations de manutention plus lourdes et les coûts supplémentaires tels ceux de l’inspection et de la certification. Le surprix peut aussi être payé pour fidéliser les producteurs au principe du bio.

    Normes

    L’Union européenne (Règlement CE 2092/91)17, les États-Unis (NOP)18 et le Japon (JAS), entre autres, protègent l’utilisation du terme “biologique” dans la vente de produits alimentaires et de produits alimentaires transformés. Ces règlements s’appliquent aux produits de l’agriculture et de l’élevage, mais aux produits tels que le poisson ou les produits non alimentaires tels que les produits du coton. Il n’existe donc pas de prescriptions légales particulières concernant l’importation et la vente de coton biologique et de produits à base de coton biologique sur les principaux marchés de consommation des pays du Nord.

    Néanmoins, pour faire la différence entre le coton originaire d’exploitations certifiées biologiques et le coton conventionnel, les intervenants sur le marché considèrent que le coton est “biologique” uniquement si le coton graine a été produit sur des exploitations certifiées biologiques et transformé dans des usines d’égrenage certifiées biologiques. La certification par tierce partie est généralement demandée pour confirmer les affirmations des producteurs qui travaillent selon les méthodes de l’agriculture biologique, et pour accroître la confiance entre le fournisseur et l’acheteur.

    Le coton graine et la fibre de coton biologiques19 devraient toujours être traités séparément du coton graine et de la fibre de coton conventionnels, que ce soit au champ, pendant le stockage au village, pendant le transport jusqu’à l’usine d’égrenage, pendant l’égrenage, pendant le stockage à l’usine d’égrenage ou au port, ou pendant le transport jusqu’à l’usine textile. Ce traitement distinct doit être dûment documenté et des archives doivent être conservées aux fins de l’inspection et de la certification par une tierce partie. Les acheteurs demandent généralement un “certificat de transaction” d’une tierce partie pour s’assurer que la fibre de coton vendue a été produite selon les normes de l’agriculture biologique.

    L’élaboration de normes pour la transformation et le commerce de la fibre de coton biologique est une initiative privée. L’absence de cadre réglementaire des pouvoirs publics peut être considérée comme un point faible de l’organisation actuelle de la filière cotonnière biologique. C’est notamment pour cette raison que l’IFOAM a demandé à l’Union européenne (UE) d’inclure les textiles biologiques à la révision 2006 du cadre réglementaire de l’UE sur les produits biologiques (IFOAM, 2005).

    Prescriptions relatives à la transformation

    Des normes privées ont été aussi été élaborées pour la transformation respectueuse de l’environnement de la fibre de coton en fil, tissu et vêtement. De nombreuses normes volontaires différentes pour la transformation écologique du coton et des textiles biologiques ont été élaborées, notamment par les organismes de contrôle et de certification suivants : Control Union/Skal (Pays-Bas), Organic Trade Association (OTA, États-Unis), Internationaler Verband der Naturtextilwirtschaft (IVN, Allemagne), Soil Association (Royaume-Uni), Japan Organic Cotton Association (JOCA, Japon) et Naturland (Allemagne). Des entreprises peuvent aussi se doter de leurs propres normes pour la transformation écologique de leurs textiles et vêtements 100% biologiques20.

    Les normes relatives aux textiles biologiques sont en cours d’harmonisation à l’échelle mondiale. Des normes textiles biologiques mondiales (Global Organic Textile Standards, GOTS) ont été récemment élaborées par les organismes de certification IVN, JOCA, Soil Association et OTA21. D’autres organismes de certification devraient vraisemblablement s’associer à l’initiative GOTS lancée le 1er octobre 2006. La norme harmonisée vise à garantir le statut biologique des textiles, depuis la récolte de la matière première jusqu’à l’étiquetage en passant par la fabrication respectueuse de l’environnement et socialement responsable, et ce afin de fournir au consommateur final une assurance crédible. Le GOTS permet aux fabricants de textiles d’obtenir pour leurs tissus et vêtements biologiques un certificat unique accepté sur tous les grands marchés mondiaux, une étape importante sur la voie de l’harmonisation et de la transparence des labels textiles (OMI, 2006).

    Le réseau des professionnels du coton biologique “Organic Exchange” a élaboré des normes pour la certification des textiles qui n’exigent pas que tout le coton utilisé soit biologique. La norme Organic Exchange Blended Standard (2005)22 porte sur le suivi et la localisation de la fibre de coton certifiée biologique mélangée aux textiles conventionnels, par exemple à raison de 5% de coton biologique pour 95% d’autres fibres (coton conventionnel, fibres synthétiques, laine, etc.).

    Enfin, il existe un certain nombre de dispositifs publics et privés d’étiquetage qui prennent en considération la durabilité de la transformation textile sous l’angle de l’innocuité pour le consommateur et de la nature allergène des textiles et des vêtements. À titre d’exemples peuvent être cités le label écologique la Fleur de l’UE pour les textiles et les dispositifs tels Oeko-Tex 100 qui garantit de faibles niveaux de résidus de produits chimiques dans les produits finis23. Ces dispositifs n’exigent toutefois pas l’utilisation de coton biologique.


    *Un document technique plus détaillé portant le même titre et écrit par Peter Ton est disponible sur demande auprès du CCI.

    16 L’IFOAM travaille actuellement sur une définition exhaustive de “l’agriculture biologique” (attendue en 2008). Pour les quatre principes directeurs, consulter le site www.ifoam.org/about_ifoam/principles.

    17 Pour une explication sur le cadre réglementaire de l’UE sur l’agriculture biologique, voir http://ec.europa.eu/agriculture/qual/organic/brochure/abio-fr.pdf.

    18 Pour le programme national biologique de l’USDA (USDA NOP), voir www.ams.usda.gov/nop/NOP/standards.html.

    19 La valeur de la graine de coton est considérablement inférieure (10%–15% de la valeur du coton-graine) à celle de la fibre de coton (85%–90%). La graine de coton biologique produite après l’égrenage (environ 55% du poids du coton-graine) peut aussi être commercialisée en tant qu’issue de l’agriculture biologique, pour être, par exemple, utilisée dans l’alimentation animale pour l’industrie des produits laitiers biologiques.

    20 Exemples : Remei (Suisse; label bioRe) et OTTO (Allemagne; label Pure Wear).

    21 Les normes Global Organic Textile Standards sont résumées à l’adresse www.globalstandard.org.

    22 La norme OE Blended Standard 2005 est disponible à l’adresse www.organicexchange.org.

    23 Pour une brève description du label écologique la Fleur de l’UE et du dispositif Oeko-Tex, voir www.eco-forum.dk/textile-purchase/index_files/Page2303.htm.