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  • 6.1.1-STRUCTURE ET CARACTÉRISTIQUES DU MARCHÉ INTÉRIEUR DU COTON

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  • Structure et caractéristiques du marché intérieur du coton

    Chapitre 6 -Profils de marchés - Bangladesh

     
     
    Le secteur des textiles est apparu comme un acteur de premier plan du développement économique du Bangladesh. L’émergence et l’explosion du secteur à forte intensité de main-d’oeuvre de la confection ces 25 dernières années ont considérablement encouragé le développement du secteur textile primaire de ce pays. Pour l’exercice financier s’achevant en juin 2006, le total des exportations du Bangladesh atteignait $E.-U. 10,526 milliards. Sur cette somme, le secteur textile (principalement la confection et la maille) représentait $E.-U. 8,10 milliards, soit 77% de l’ensemble des exportations nationales. Même en 2006, un an après la levée de toutes les restrictions contingentaires à l’importation de vêtements sur le marché mondial, les exportations d’articles de confection enregistraient une croissance de 21,6%.

    Évolution future du marché – prévisions relatives à l’offre et à la demande


    L’évolution de la composition des exportations d’articles de confection en provenance du Bangladesh ces dernières années a suscité une demande constante de fil et de coton sur le marché local. La maille représentait en 2006 près de la moitié du total des exportations d’articles de confection, contre à peine 10%–15% au début des années 90. Ce changement a principalement eu lieu pour deux raisons : la nécessité d’instaurer des liens en amont pour améliorer les délais de livraison et gagner en compétitivité; et l’investissement relativement modeste nécessaire pour instaurer ces liens dans le secteur de la maille. Les investissements dans des unités mixtes de fabrication d’articles en maille se sont accélérés au cours des 8–10 dernières années, ce qui a donné naissance à une demande substantielle de filés de qualité et donc de coton à filer.

    Outre ce glissement vers la maille qui dope le développement du secteur de la filature, le secteur de la confection dans son ensemble montre aussi des signes de croissance pour l’avenir. Cette tendance devrait vraisemblablement conduire à une nouvelle expansion du secteur de la filature et, par là même, donner naissance à de nouveaux marchés pour le coton.

    Le Gouvernement du Bangladesh a fixé des objectifs à l’exportation pour le secteur de la confection jusqu’en 2008/09. Si les exportations de textiles et de vêtements s’élevaient en 2005/06 à $E.-U. 8,10 milliards, les objectifs pour les trois années suivantes ont été fixés à $E.-U. 8,87 milliards, $E.-U. 10,24 milliards et $E.-U. 12,06 milliards respectivement.

    Offre et demande sur le marché international

    Les filatures de coton sont les principales utilisatrices de coton. La demande de coton sur le marché intérieur est donc dictée par la taille actuelle et le potentiel de croissance future de l’industrie de la filature. Nous allons donc nous interroger sur la situation actuelle de ce secteur, sa croissance passée et les facteurs qui pourraient entraîner une accélération de cette croissance dans un avenir proche.

    Évolution historique de la croissance du secteur textile primaire du Bangladesh
    Le fait que la croissance du secteur textile primaire du Bangladesh soit conduite par le secteur privé est un phénomène relativement nouveau. Dans le sous-secteur de la filature, on ne comptait en 1972/73 que 853 000 broches appartenant en grande partie au secteur public. Au début des années 90, l’investissement dans des entreprises privées de ce secteur s’est accéléré et au cours des 10 années qui ont suivi sa capacité a pour ainsi dire doublé, passant de 2 388 000 à 4 360 000 broches. Cette croissance s’est intensifiée grâce aux débouchés créés par les exportations alors naissantes d’articles de confection.

    Situation actuelle du secteur de la filature


    En juillet 2006, on comptait dans le pays 237 filatures et 5,3 millions de broches installées. Plus de 300 000 broches étaient en cours d’installation et, selon la Bangladesh Textile Mills Association (BTMA), 1,4 millions de broches supplémentaires étaient attendues. Une fois que toutes ces broches deviendront opérationnelles, la capacité nationale de filature fera un bond de géant. La croissance des deux années précédentes atteignait 21%, de 4,4 millions de broches en 2003/04 à 5,3 millions en juillet 2006. Selon la BTMA, une nouvelle filature voit actuellement le jour presque chaque mois. Pour la seule production de denim, la BTMA a estimé de 28 millions de mètres produits à l’heure actuelle (juillet 2006) on passerait d’ici fin 2006 à 180 millions de mètres grâce aux nouveaux investissements en cours.

    Situation de l’offre et de la demande future de fil

    La production de fil au Bangladesh progresse au rythme de 10%–12% par an. En 2003/04, la production de fil atteignait 380 000 tonnes. À titre estimatif, cela signifierait que le pays a consommé près de 435 000 tonnes de coton pour produire cette quantité de fil.

    L’USDA estime que la consommation de coton par usine est passée de 375 000 tonnes en 2003/04, à 410 000 tonnes en 2004/05 et 480 000 tonnes en 2005/06 (août-juillet).

    La BTMA estime que d’ici 2008/09 la demande totale de différents types de fils atteindra 1,1 millions de tonnes pour satisfaire à la fois la demande locale et la demande pour l’exportation d’articles de confection. En supposant que 70% de ces fils seront produits au Bangladesh, le secteur de la filature aura au total besoin de 870 000 tonnes de coton.

    La capacité nationale de filature est insuffisante pour approvisionner le secteur de la confection. Selon la BTMA, en 2005 les besoins en fil avoisinaient les 1 040 000 tonnes (640 000 tonnes pour l’exportation et 400 000 tonnes pour le marché intérieur). Sur cette quantité, 550 000 tonnes étaient produites au Bangladesh. Le déficit de 490 000 devrait être réduit grâce aux nouveaux investissements dans des filatures supplémentaires. Une fois installées, ces usines consommeront 300 000 tonnes de coton supplémentaires dans les 2–3 années à venir.